Le site internet du futur : fonctions et caractéristiques
Dans 1 an
La rapidité à laquelle ces technologies évoluent reste difficile à anticiper avec précision, semaine après semaine, et je ne crois pas que les prochains mois apporteront des bouleversements majeurs dans la façon dont les sites internet fonctionnent, même si l'histoire récente m'a déjà donné tort sur ce type de prédiction. Les entreprises qui n'ont pas encore intégré ces outils dans leur production éditoriale risquent toutefois de se retrouver progressivement en retrait face à des concurrents capables de publier plus vite et plus régulièrement sur des sujets stratégiques.
Concernant les chatbots qui se démocratisent, je reste pour l’instant perplexe tant un outil mal incapable de comprendre une demande précise ou de renvoyer au bon moment vers un interlocuteur humain peut produire l'effet inverse et encourage l'utilisateur à chercher une réponse chez un concurrent. J’accorde moi-même à ces assistants une tentative à l'arrivée sur un site, et un résultat insatisfaisant me pousse à partir plus vite que si j'avais simplement naviguer seul.
La personnalisation des contenus et des parcours de navigation devient de plus en plus nécessaire, autant pour les visiteurs que des algorithmes chargés de les orienter. Un site e-commerce qui adapte ses recommandations de produits selon l'historique de navigation d'un visiteur, ou un site B2B qui met en avant des références clients différentes selon le secteur d'activité détecté, répond à cette logique.
Qu’en sera-t-il du SEO dans une grosse dizaine de mois ? Malgré les inquiétudes que suscite la montée des assistants IA, le référencement naturel reste de loin la principale source de trafic vers les sites web, comme le confirme un rapport TollBit relayé par Search Engine Land en octobre dernier, selon lequel Google envoie 831 fois plus de visiteurs aux éditeurs que l'ensemble des systèmes IA réunis.
Dans 5 ans
Les moteurs IA s'installeront progressivement comme des intermédiaires permanents entre les utilisateurs et les contenus. Cela me fait notamment penser à la position zéro de Google, qui restitue depuis plusieurs années des résultats sportifs, des données météo ou encore des définitions directement dans la page de résultats, réduisant fatalement l'incitation à cliquer sur les sites sources.
Parmi les contenus les plus exposés figureront les blogs, guides, comparateurs et FAQ, dont la valeur repose sur de l'information que les moteurs IA agrègent aisément et restituent sans que l'utilisateur ait besoin de visiter le site source. Les sites e-commerce perdront probablement la phase amont du parcours d'achat, découverte et comparaison passant de plus en plus par les assistants IA, tandis que la transaction, la gestion du compte client et le traitement des retours resteront ancrés sur le site marchand.
Je crois que la nature même des contenus proposés sur les sites devrait évoluer, avec l'émergence probable d’infographies et vidéos explicatives générées en temps réel par l'IA selon les actions et demandes de l’utilisateur.
Dans 10 ans
À un horizon de dix ans, le site internet pourrait n'être plus que rarement une destination que l'on visite, mais une infrastructure de données interrogée par des agents IA qui vont tantôt agir sur délégation de l'utilisateur, tantôt de leur propre initiative en anticipant ses besoins (renouveler un abonnement arrivant à échéance, signaler une rupture de stock chez un fournisseur habituel, proposer une alternative tarifaire).
La donne change en particulier pour l'e-commerce si les agents IA deviennent capables de naviguer, comparer, commander et gérer les retours de façon autonome au nom de l'utilisateur. On peut éventuellement s’attendre à ce que des sites administratifs puissent à leur tour être partiellement contournés si des agents IA sont habilités à remplir des formulaires officiels pour le compte de l'utilisateur.
Si, dans une décennie, vous comptez parmi les éditeurs ayant investi dans la fiabilité, la structuration et la traçabilité de leurs informations, vous disposerez d'un avantage comparatif réel dans un environnement où la masse des publications automatisées rendra la différenciation de plus en plus difficile à établir.
L’accompagnement du rédacteur/consultant SEO-GEO : un polisseur d’IA
Mes compétences actuelles à travers diverses pratiques
Cela peut sembler paradoxal, mais je passe en moyenne davantage de temps sur chaque texte qu'avant l'émergence de ces outils, malgré des prompts de plus en plus élaborés. C’est pour le mieux, puisque les contenus que j'obtiens aujourd'hui me semblent globalement plus pertinents sur le fond, mieux construits dans leur progression, et plus plaisants à parcourir pour le lecteur final.
La supervision humaine ne s'efface pas derrière la rapidité de génération, elle nécessite de s’y adapter.
Mon travail de relecture et de correction s'articule autour de plusieurs axes.
Sur le plan stylistique d'abord, l'IA reproduit bien trop régulièrement les mêmes tournures d'une phrase à l'autre, tournures qu’il faut donc corriger.
Voici, en tant que polisseur d’IA autoproclamé, le top 3 de celles qui m’agacent au plus haut point.
- "permet"
- "tout en"
- "ce qui"
Il est ensuite important de varier les ouvertures de phrases pour faciliter la lecture, avec une alternance entre des locutions prépositionnelles, des pronoms personnels, des déterminants, des adverbes ou encore des constructions participiales, et tendre vers un style assez littéraire. J’aime insérer des formules interrogatives pour relancer l'attention et contribuer à donner du rythme. J’estime par ailleurs que chaque phrase doit sonner juste seule, mais aussi dans l'ensemble de son paragraphe. Enième élément stylistique sur lequel on doit souvent lutter en tant que rédacteur : l’effet de juxtaposition, cette succession de phrases bien construites individuellement mais qui ne s'enchaînent pas naturellement.
Au-delà de la forme, j'approfondis certains développements selon le niveau de connaissance supposé du public cible. Il peut s’agir de préciser une notion, d’insérer un exemple ou encore de faire une analogie très parlante pour garantir la compréhension du futur lecteur.
L'enrichissement du champ lexical fait selon moi partie intégrante du travail, idéalement aidé des lexiques d’outils tels que Serpmantics ou Thot-SEO. Cependant, il ne faut pas tomber dans l’excès inverse et varier pour varier. Un même verbe répété deux fois dans un paragraphe de cinq phrases vaut mieux que deux verbes distincts dont l'un s'avère approximatif.
Je conçois difficilement de finaliser un texte dépourvu de chiffres, les données quantitatives aidant à mon sens le lecteur à se projeter. Mais mieux vaut ne pas se précipiter en la matière ! Les outils IA ont parfois la fâcheuse tendance, lorsqu'on leur demande d'intégrer des statistiques, de produire leurs propres données en croisant des sources dont les périmètres ne se recoupent pas vraiment. Pour chaque donnée chiffrée insérée dans un texte, je remonte à la source d'origine, sur des sites d'autorité reconnus, avant de valider l'information. Et c’est parfois fastidieux, notamment quand les seuls chiffres que j’estime pertinents d’ajouter sont semblent-ils – je ne le sais parfois jamais – accessibles uniquement en payant un article ou un abonnement au média proposant ledit article.
Il convient de faire attention aux répétitions d'informations d'une section à une autre, elles surviennent je crois d'autant plus facilement lorsque le brief demande à l'IA d’intégrer en partie ou totalement un nombre significatif de mots-clés. Combien de fois ai-je houspillé en observant le recours à des périphrases pour reformuler des informations qui ont été déjà données. Cela va de soi, mais cela ne peut pas se faire selon plusieurs lectures et une compréhension de toutes les idées communiquées.
Réflexion sur l’évolution de mon rôle
J'anticipe aussi des évolutions plus profondes, déjà en cours pour certaines et appelées à se préciser au fil du temps, parmi lesquelles :
- une utilisation de l'IA pour produire plus vite et plus régulièrement, sous réserve d'une supervision humaine (j’ai et j'aurai encore une valeur ajoutée ) ;
- une importance croissante accordée à la crédibilité des contenus, dans un web où les sources automatisées se multiplient et où la vérification devient un critère de différenciation ;
- un travail encore plus approfondi sur la structuration de l'information ;
- une adaptation des contenus à des interfaces et des formats variés, de la recherche vocale aux synthèses générées en temps réel ;
- une valeur accrue des compétences proprement humaines, notamment la capacité à saisir les nuances, à exercer un esprit critique et à comprendre les intentions réelles d'un utilisateur ;
- l’obligation de garder absolument en tête les objectifs assignés à chaque contenu, qu'il s'agisse d'informer, de convertir, d'asseoir une notoriété, de rassurer ou de défendre une idée.
À l’exception peut être des plus spécialisés, les rédacteurs devront je pense absolument se diversifier pour survivre et ainsi pouvoir accomplir des missions bien plus diversifiées que celles qui leurs sont actuellement dévolues.



